01.08.2007
Refondation de la gauche unie contre le Sarkoyéti
Quand l'Oryctérope écoute les ténors de la gauche s'exprimer, il entend qu'il faut une refondation de celle-ci, unie toutes tendances et toutes sensibilités confondues, pour contre-balancer l'abominable homme des neiges, le Sarkoyéti.
Le PCF est alors, par nécessité, présenté comme une force de proposition, pouvant permettre à une gauche unie de lutter contre les projets despotiques de l'UMP : fin du 49.3, droit de grève illimité dans le service public ...
Le gouvernement a présenté à l'Assemblée le projet de loi appelé communément "paquet fiscal". Voilà donc une aubaine pour la gauche de pratiquer une opposition constructive, me direz-vous ? Tel est le moment de démontrer que le PCF, le PS et les pièces rapportées de la gauche plurielle sont à même d'élaborer une critique positive, loin du dénigrement systématique, et surtout, loin de la "fausse ouverture" prônée par le Sarkoyéti ?
Vous n'y êtes pas.
L'Oryctérope s'est penché sur les 554 pages (!) d'amendements déposés par la gauche désunie, PS et PCF confondus.
On savait déjà que Mme Royal avait vendu à son électorat des solutions auxquelles elle ne croyait pas (voir l'article " Merci à Madame Ségolène Royal " - 22.06.2007), mais on découvre en lisant la succession d'objections présentées tantôt par le PS, tantôt par le PCF, qu'elles sont une série d'inepties dont le seul but est de jouer la montre.
Démonstration: le 9 juillet, amendements numéros 136 et 201 présentés successivement par 3 députés PCF (Messieurs Sandrier, Brard, et Muzeau) et par 26 députés (citons seulement parmi eux les députés Muet, lyonnais bon teint, Emmanuelli, grand défenseur de la justice sociale centrafricaine et, grâce à la solidarité des forces de progrès, "les membres du groupe Socialiste, Radical et Citoyen").
La fine pensée de cette gauche progressiste est la suivante:
Amendement n° 201: Substituer au titre du projet de loi, le suivant : "Projet de loi relatif aux heures supplémentaires et à diverses dispositions fiscales", sous prétexte que "le projet de loi dans sa forme actuelle ne comporte aucune disposition susceptible de favoriser les créations d'emploi ni la progression du pouvoir d'achat du plus grand nombre" (PS).
Amendement n° 136: Substituer au titre du projet de loi, le suivant : "Projet de loi en faveur de la rentabilité financière, de la spéculation immobilière et de la restauration des privilèges" (PCF).
Ces deux amendements, pris au hasard, ne laissent rien à envier à la quasi-totalité des 554 pages d'amendements proposés par la gauche. A tous leurs électeurs qui pouvaient se poser la question, voilà le fruit du travail des députés des 7e circonscription de Seine St Denis, 1e circonscription des Hauts de Seine, 3e circonscription des Landes, 2e du Rhône, etc ...
Un grand bravo inaugural à cette occasion à Pierre-Alain Muet (PS), qui a battu l'UMP sortant Emmanuel Hamelin dans la 2e circonscription du Rhône, et qui démontre avec brio que sa première intervention en tant que tête de liste de l'amendement n° 201 ci-dessus justifie pleinement son mandat !
Addendum du 1er août 2007 : les chambres ont entériné la loi ci-dessus. Le député Pierre-Alain Muet, qu'on attendait au tournant, s'est écrié aujourd'hui avec des trémolos dans la voix dignes de la IIIe République :
"Ce texte restera comme l'un des plus injustes et un des plus inégalitaires qui nous ait été donné d'examiner depuis ces dernières années. Il ne répond à aucun des problèmes de notre pays mais à un choix idéologique".
Question blocage idéologique, le député Muet a fait ses preuves.
23:41 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Paquet fiscal, PS, PCF, Hamelin, Muet, amendement
23.07.2007
Le bouclier fiscal et le sabre de l'administration
Le bouclier fiscal est, en soi, une excellente initiative, que l'Oryctérope applaudit des deux pattes avant.
Les deux limites que les contribuables doivent connaître à cette mesure récente sont les suivantes:
1/ bien vérifier si oui ou non on est élligible: les détenteurs de faibles revenus (moins de 15 000 € annuels) devraient constituer environ 80% des élus potentiels. Or il y a fort à parier que parmi eux peu nombreux sont ceux qui sont informés de leur droit à restitution. Il s'agit souvent de personnes âgées, peu ou mal informées sur ce genre de sujet. N'oublions pas que 83% des bénéficiaires potentiels du bouclier fiscal ne sont pas soumis à l'ISF.
2/ A l'autre bout du spectre, les quelques 16 000 bénéficiaires potentiels qui sont assujettis à l'ISF, et qui vont pour nombre d'entre eux ... purement et simplement renoncer à ce cadeau fiscal. Eh oui ! Alors que l'enjeu est loin d'être négligeable (environ 61 000 € restitués en moyenne par demande servie), ce qui retient ces 16 000 heureux (ou du moins le croirait-on) contribuables, c'est la peur du gendarme.
En effet, la demande de restitution au titre du bouclier fiscal est une réclamation contentieuse. Le contribuable qui la formule rallonge de deux ans le délai triennal de prescription au-delà duquel le fisc ne peut plus se pencher sur sa feuille d'impôt sur le revenu. Par exemple, le contrôle des revenus 2006, normalement prescrit en 2009, se prolonge jusqu'en 2011.
Et dès lors qu'on est dans le cadre d'une réclamation contentieuse, si l'administration estime qu'il y a eu fausse déclaration, la majoration peut aller de 40% à 80% de l'impôt originellement dû. Les contribuables ayant des biens immobiliers ou des titres de sociétés non cotées savent bien que la valorisation proposée au fisc est suscptible d'être contestée par celui-ci.
61 000 €, c'est donc un peu ce que les contribuables formant le quartile supérieur des élligibles au bouclier fiscal sont prêts à abandonner pour leur "tranquillité fiscale". Pour bien moins, un conseil fiscal et patrimonial leur permet d'arriver au même résultat. A eux de choisir.
16:10 Publié dans Gestion de Patrimoine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ISF, bouclier fiscal, contentieux, fisc, patrimoine
Unir n'est pas subir
Charles Millon et sa liste UNIR ont dévoilé leur 7 mesures pour Lyon (voir la note "Charles Millon: UNIR pour désunir" - 17.07.2007).
Parmi ces mesures "innovantes et décoiffantes", l'engagement de ne pas augmenter la fiscalité, grâce au "réservoir d'économies" généré par la mauvaise gestion de l'actuelle municipalité.
L'Oryctérope s'accorde pour penser que la gestion Collomb est, sous bien des aspects, une gabegie dont le seul avantage est de permettre des gains futurs, sans trop de difficultés. Pour autant, promettre une "fiscalité zéro" lorsqu'on voit la croissance moyenne des dépenses des grandes villes françaises, et qu'on sait le programme "ambitieux" de Charles Millon pour Lyon, voilà bien une promesse démagogique.
Le danger pour la droite UMP de Dominique Perben consisterait à devenir prisonnière, par peur de ne pas être consensuelle avec Charles Millon, des fantasmes politiques de ce dernier. Par peur d'être présentée comme étant à l'origine de la division de la droite, par refus du "programme" d'UNIR, présenté sous forme de diktat, UNIR peut constituer un poids qui coule les chances de l'UMP plutôt qu'il ne l'aide.
Les amis d'hier n'ont pas toujours la loyauté de l'union, et le trio Millon - Broliquier - Nardonne n'attend qu'un faux pas de Dominique Perben et de Michel Havard pour mieux justifier une liste séparée au premier tour des municipales.
13:25 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Charles Millon, Dominique Perben, UMP, Lyon, municipales
20.07.2007
L'Oryctérope vous aide à devenir riche comme Picsou
Extrait du "Figaro" du 20 juillet 2007:
" 1,5 million d'euros : pour 60 % des Français et des Anglais, c'est le patrimoine qu'il faut détenir pour « être riche », selon une enquête TNS Sofres publiée hier [jeudi 19 juillet 2007, ndlr].
Si les Britanniques et les Allemands comptent d'abord sur leur travail pour y parvenir, les Français, eux, oscillent « entre raison et rêve », relève l'enquête. Ils sont presque aussi nombreux à compter sur les gains aux jeux d'argent (39 %) que sur les fruits de leur travail (40 %). Vient ensuite l'immobilier (investissement dans une résidence ou locatif), puis la création ou la revente d'une entreprise, devant l'investissement en Bourse. "
Les performances brutes des différentes classes d'actifs sont les suivantes sur la longue période :
Bourse: + 5 270 % (indice avec dividende réinvestis)
Immobilier : + 3 880 % (Paris, avec cumul des loyers réinvestis)
Fonds € assurance vie: + 2 560 % (Capital garanti avec effet cliquet)
Or : + 980 %
Coût de la vie : + 520 %
Livret A : + 460 % (rendement calculé avec intérêts cumulés)
Quand on sait que la fiscalité appliquée et les faux frais ne sont pas sans incidence, particulièrement sur l'immobilier : frais notariés, charges, impôts fonciers, agence immobilière, fiscalité sur les plus-values à la vente, droits de succession ... on peut en conclure qu'avec un contrat d'assurance vie multisupport investi pour part en fonds € et pour part en unités de compte, associé à un PEA et un Compte Titres Ordinaire (optimisation du seuil de cession annuel de 20 000 € en 2007), on a la clef de la réussite. Reste à trouver ce qu'on investit dans chaque support :
- Dans le contrat d'assurance vie: actions, obligations ou fonds €, dès lors qu'on passe par des OPCVM (SICAV ou FCP). On a donc accès à toutes les classes d'actifs (y compris l'immobilier) et on peut céder son bien en 48 heures sans frais ni imposition.
- Dans le PEA : titres vifs (actions, obligations européennes, mais aussi des OPCVM). Un oryctérope astucieux vous procurera à la fois une rémunération de vos liquidités sur le PEA (eh oui, c'est faisable !) et un investissement plus large que l'Europe (çà aussi, c'est possible).
- Dans le Compte Titre Ordinaire: titres vifs (actions et obligations, mais aussi des OPCVM).
C'est ainsi qu'on peut obtenir de l'ordre de 4% nets par an de rendement sur son épargne de précaution, destinée à couvrir ses charges et impôts futurs (IR, URSSAF et autres décaissements certains à court terme), disposer d'une épargne à long terme (8 ans et plus) dans le PEA, et disposer d'une épargne investie en fonds € et unités de compte, immédiatement disponible en cas de besoin, dans le contrat d'assurance vie. Rappelons que, contrairement à une idée communément répandue, pour un contrat d'assurance vie rapportant 5% par an, et ouvert il y a seulement un an, si je souhaite disposer des revenus générés au terme de la 1e année, je payerai 115 € de fiscalité (prélèvements sociaux compris), contre 1 350 € d'imposition sur un Compte Titre ou une SICAV.
Pour en savoir plus sur la gestion de votre patrimoine personnel ou professionnel, contacter l'oryctérope en cliquant sur le lien suivant :
orycteropes@yahoo.fr (attention, orycterope"s" au pluriel !)
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15:50 Publié dans Gestion de Patrimoine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : assurance vie, compte titres, PEA, bourse, immobilier, investir
17.07.2007
Charles Millon : UNIR pour mieux désunir
Quelle surprise ! L'auriez-vous deviné ? Charles Millon est de retour dans la vie politique lyonnaise.
Après une déportation dorée à la FAO (Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture), où il a sans aucun doute et ostensiblement contribué pendant 3 ans (ainsi que vous avez pu vous en rendre compte) à la lutte contre la faim dans le monde, cet "existentialiste chrétien" qui se dit héritier d'Emmanuel Mounier, a désobéi à l'injonction qui lui avait était faite de décuver son vin de messe loin de la future bataille lyonnaise Collomb - Perben.
Repu par ses "affaires" françaises ("oubliant" sa villa de fonction apportée par le Conseil Régional, il avait choisi un six-pièces, simple et de bon goût, dans le quartier d'Ainay). De même que les taulards font de mauvaises rencontres en détention, Charles Millon s'était, lui, fait d'honorables amitiés: Denis Broliquier, maire d'arrondissement, et l'inimitable Amaury Nardonne, logé un temps rue Grolée (çà ne vous rappelle rien ? Mais si, réfléchissez bien ...). Bref, rien que du beau monde de la presqu'île, au contraire de ce vaurien de Dominique Perben, maire d'une ville qui n'est même pas dans le Rhône.
Voilà donc le trio Millon - Nardonne - Broliquier qui reprend du galon, afin d'unir Lyon autour d'une liste municipale, qui porte le nom éponyme d'UNIR ! L'oryctérope apprécie l'humour de ces nouveaux "Marx Brothers" bien gaulois, forts de proclamer l'union autour d'une liste de division.
Scène 1: Charles Millon annonce sur RCF le 2 juillet 2007 qu'il "accompagnerait à Lyon la construction d'une liste Majorité Présidentielle qui soit la grande liste de la droite lyonnaise", prônant ainsi "le renouvellement du personnel politique à Lyon". Tiens ! L'Oryctérope avait cru comprendre qu'il existait déjà une telle liste à Lyon, coiffée par Dominique Perben. Il est vrai qu'exilé à Rome, Charles Millon n'avait peut être pas les informations récentes des trois dernières années...
Scène 2: Rien ne vaut une petite pique de temps en temps pour se créer une place au soleil. Sur le dazibao du groupe UNIR, à savoir le blog du mouvement, on peut lire des commentaires émus et larmoyants sur le sort de Christian Philip (vous savez, celui dont Nicolas Sarkozy a dit (à peu de choses près) qu'il avait autant sa place en tant que secrétaire d'état qu'un éléphant dans un bénitier).
Extrait du site d'UNIR pour Lyon:
"Même si rien n'avait été annoncé officiellement, il était légitime que Christian PHILIP puisse poursuivre son travail entamé sur les transports ou la francophonie au sein du gouvernement !"
Christian DUPRES DE LHOTE
Scène 3: Charles Millon sait bien (sinon, qu'on lui dise) qu'il ne peut pas gagner les élections. Son but est de faire perdre Dominique Perben ou de faire croire qu'il a tant de poids entre les places Ampère et Bellecour qu'il est de nouveau un acteur incontournable de la politique locale. Devenant de fait le meilleur ami de Gérard Collomb, Charles Millon s'accroche à la "nostalgie du balancier radical" espérant faire pencher la donne d'un côté ou de l'autre.
Scène 4: un programme "innovant et décoiffant" ! C'est ce qu'annonce Charles Millon. Et c'est en le lisant (fautes d'orthographe comprises) qu'on se rend compte que là n'est pas le problème pour lui. Il ne s'agit pas de se faire élire sur un projet, mais de se trouver un recoin au chaud près du radiateur (certes, les hivers sont plus froids à Lyon qu'à Rome). Il faut dire que si c'est Amaury Nardone qui a rédigé ce programme, on comprend mieux la vacuité du contenu: proposer Lyon comme ville olympique d'été ... et simultanément avoir une politique de "fiscalité zéro" appuyée sur ce raisonnement d'une profondeur nietzéenne : "nous estimons que les prélèvements actuels sont suffisant et que nous pouvons générer de fortes économies en rationalisant la gestion des dépense publiques dévolues à la Ville de Lyon". Outre le fait que l'Oryctérope estime que "suffisant" et "dépense" auraient pu s'accomoder d'un "s" même si ces mots sont excessifs aux yeux d'UNIR, l'électeur moyen approuvera toute la logique structurelle de ce genre de proposition. "La famille et les enfants sont au centre de la société": encore un socle bien consensuel du programme d'UNIR, qui prévoit plein de crèches autofinancées. Et puis un grand palais omnisport. Et puis des espaces verts partout autour de Lyon.
En lisant toutes ces idées décoiffantes, l'Oryctérope se demande pourquoi diable ne pas avoir contribué à les distiller au sein du programme UMP mené par Dominique Perben. Bien sûr, ce dernier doit être opposé à la famille et aux enfants, retif aux crèches pour les familles en pénurie, et farouche partisan du béton en périphérie de l'agglomération. Bref, deux hommes et deux choix de société.
Epilogue: l'Oryctérope attend de voir si Dominique Perben saura asseoir sa crédibilité face à cette liste d'outre-tombe menée par des zombies en recherche de gloriole. Passants partisans d'une véritable politique libérale et blasés des luttes intestines des guignols d'entre Saône et Rhône, passez votre chemin.
17:35 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Charles Millon, Lyon, UNIR, Broliquier, Nardonne



