28.06.2007

"La Force de Contestation de l'oryctérope" ou le "shadow government" lyonnais

L'oryctérope l'admet : le PS a parfois de bonnes idées. Peu importe qu'elles viennent souvent d'outre-manche, où la notion de socialisme est tout autre.

Deux exemples : le concept de "démocratie participative", inspiré à la base du magazine anglais "New Scientist" qui a ensuite donné naissance à un petit livre savoureux: "Pourquoi les manchots n'ont pas froid aux pieds". Et aussi, la notion de "shadow government" lancée par Jean-Marc Ayrault, dont les origines anglaises vont jusque dans la dénomination.

Bien sûr, l'appareil de parti fît que la première de ces deux idées se perdit dans la démagogie politicienne. Quant à la seconde, le PS attendant 2008 pour choisir sa tête de file, inutile de préciser que l'idée de "contre-gouvernement" est probablement d'ores et déjà mort-née.

 A Lyon, l'oryctérope pense qu'il serait bon que la droite républicaine, c'est-à-dire l'UMP, s'inspire de cette notion de "shadow government". Et pourquoi ?

Lyon est fondamentalement une ville conservatrice et sécuritaire. Les municipales de 2008, prochain enjeu électoral majeur, ne seront gagnées par la droite (majoritaire en nombre de voix, y compris au second tour des législatives) que si l'opinion publique est convaincue que la politique présente est profondément néfaste pour la ville.

Or, force est de constater que ce n'est pas le cas: habile politicien, le maire actuel a su s'attirer des sympathies dans les milieux influents, a su mener une politique de main-mise sur les média (qui n'a rien à envier aux critiques portées par le PS et par le feu Modem à Nicolas Sarkozy !) et dégage une image consensuelle, molle comme une quenelle, loin d'une politique de conviction.

L'opinion lyonnaise, endormie, se pose le problème ainsi: pourquoi risquer de perdre un maire sans aspérité et élire en lieu et place un candidat de droite qui a encore du mal à consolider son ancrage lyonnais ?

Clairement, en l'état actuel des choses, il faut réagir !

Or l'alternance politique dans un scrutin local n'est pas similaire à celle d'une élection nationale: l'équipe l'emporte sur l'idéologie, les détails de la vie courante effacent les tendances structurelles. Qui sait vraiment à qui l'on doit quoi ? Les grands travaux sont-ils de le fait de l'une ou l'autre majorité ? Quelle est la part du municipal, du regional et de l'état dans les projets achevés ? Est-ce celui qui coupe le ruban qui est à l'origine du projet ?

Tactiquement, la droite a deux handicaps à Lyon:

- les média sont acquis au pouvoir en place. Conservatisme et intérêts particuliers, sans doute.

- la campagne de LNH est, jusqu'à présent, fondée sur un projet positif et constructif pour Lyon.

L'oryctérope pense que, politiquement, c'est faire fausse route. Expérience d'oryctérope, il faut adopter une tactique de critique et de mise en exergue des insuffisances et erreurs de la gestion actuelle. Il faut convaincre les lyonnais que la gestion actuelle n'est pas en phase avec leurs attentes, et qu'ils sont dupés par l'opacité du système.

Bâtir un projet politique autour d'un schéma positif est souhaitable dans le cadre d'une enjeu électoral national ou quand on consolide une position forte et installée, ce qui n'est manifestement pas le cas pour Dominique Perben. Il lui faut donc, et rapidement, révéler aux lyonnais les travers de l'actuelle gestion.

Le concept de "contre-gouvernement" ou, en l'occurrence, de force de contestation à Lyon doit prévaloir. C'est dans la différenciation et non dans la formulation de propositions qui seront, sous une forme ou une autre, appropriées par la municipalité en place, qu'il faut se créer une dynamique et une authenticité.  Et montrer que le conservatisme est à gauche.

En est-il encore temps ?

27.06.2007

Du Darwinisme en politique

Les élections législatives des 10 et 17 juin sont intéressantes politiquement à maints égards. Je m'attacherai aujourd'hui à considérer un seul point parmi ceux qui constituent des aspérités remarquables : ce que l'orcytérope appelle le "darwinisme politique".

On assiste à un renouvellement des élus (sauf en âge, la moyenne des députés dépassant les 55 ans: nous avons ainsi un exécutif "jeune" et un législatif "âgé"), surtout en mixité (20% de femmes) et en nouveaux venus. On constate aussi l'échec du retour de certains hommes politiques connus et médiatisés: Alain Carignon, Alain Juppé, Jacques Mellick...

Comme beaucoup, l'oryctérope a un goût amer en lisant ces noms: il n'est pas question de nier ce que l'un a fait pour Bordeaux, ou de revenir sur leurs frasques passées et pour au moins deux d'entre eux, sur leurs aventures judiciaires. Un condamné ayant purgé sa peine ne doit pas subir une double peine. Pour autant, est-ce que les noms de Carignon ou de Mellick peuvent avoir valeur d'exemple dans un univers politique qui doit aspirer à l'exemplarité et à l'impératif de l'intérêt général ?

Sur un autre registre, les oryctéropes parisiens ont bien entendu Alain Juppé annoncer, voici quelques années, qu'il partait en retraite. Bien sûr, comme les chanteurs et les groupes de rock, la tentation est forte de faire un retour quelques mois plus tard, l'opinion publique ayant la mémoire courte. je reviens par amour des Bordeaux et des oryctéropes bordelais affirmait Alain Juppé en substance sur son blog:

"Je m’étais engagé, en décembre 2004, à revenir dès que possible me remettre au service des Bordelais...Oui, j’ai la passion de Bordeaux et j’ai envie de travailler à nouveau, avec les Bordelais, à construire notre avenir...Nous voici donc en campagne. Rien n’est gagné d’avance. C’est avec tous les Bordelais que nous comptons bâtir notre projet pour le Bordeaux de 2015. Je vais donc y consacrer tout mon temps et toute mon énergie." [sic, Alain Juppé, le 30 août 2006]

Que le temps passe vite, foi d'oryctérope !

Comment faire croire alors aux oryctéropes gascons que neuf mois plus tard, l'appel de Paris serait prioritaire ?

Quelle que soit la beauté d'un animal, c'est sa capacité d'adaptation, sa mémoire génétique en quelque sorte, qui lui permet de survivre. La théorie de Darwin dénombre tant d'espèces sympathiques (le dodo à l'île Maurice en étant un malheureux exemple) qui n'ont pas eu l'intelligence de l'oryctérope. Mieux vaut moins pavaner devant les cochons et savoir (un peu) griffer. Aujourd'hui, plus de dodo; l'oryctérope va bien, merci.

En politique, Darwin, c'est s'adapter à une exigence et une intelligence croissantes de l'électorat.

Phase 1: comprendre qu'avec les média et la culture de l'écrit, il n'est plus possible de compter sur l'oubli.

Phase 2: ce sera de prendre en compte le changement profond du rôle des députés dans le régime présidentiel issu des urnes le 6 mai.

Ainsi, les députés qui ne comprendront pas que leur rôle est aujourd'hui amené à être tout autre, et que l'exigence de l'électorat est croissante, négligeant ainsi les deux phases ci-dessus, finiront comme le dodo... ou comme Messieurs Carignon, Juppé, ou Mellick.

C'est ainsi que les faits nous rappellent que, quoi qu'on en dise, le vote populaire est bien, par "darwinisme politique", la meilleure forme de sélection des hommes qui nous gouvernent.

22.06.2007

Merci à Madame Ségolène Royal !

Commentaires à froid sur les élections du 6 mai

Mme Ségolène Royal ne m'a jamais parue très sympathique, et je concède volontiers avoir une position biaisée, a priori, sur cette personnalité politique.

Toutefois, j'avoue être stupéfait par sa récente déclaration sur le non-sens des positions qu'elle a défendues pendant sa campagne:

" Ségolène Royal a aussi critiqué deux mesures du programme socialiste, « le smic à 1 500 euros brut », proposé par Laurent Fabius, et « la généralisation des 35 heures ». Deux idées « pas crédibles » qu'elle n'a défendues pendant sa campagne que « par cohérence avec le PS »." [in "Le Figaro" - 21 juin 2007]

 Voilà donc la candidate d'un parti socialiste qui :

- n'a pas clairement renoncé à une alliance avec l'extrême-gauche et le Parti Communiste (près de 50 ans après la mort de Staline !),

- parvient à faire croire qu'une élection perdue avec l'UMP majoritairement absolue à la chambre doit passer pour une victoire du PS ! La capacité de désinformation du PS est telle que les média se gardent bien de rappeler que le résultat UMP de 2002 est dû en grande partie au "désistement républicain" des candidats de gauche afin d'éviter des triangulaires favorables au FN, et qu'il était logique que dans  un contexte apaisé, l'UMP subisse un retrait du nombre de ses sièges à la chambre,

- est capable, six semaines après une élection, de faire dire à sa candidate préférée que les promesses prononcées n'étaient faites que pour ceux qui ont voté pour elle et en aucun cas destinées à être tenues ! Madame Royal ne nous présente plus une rupture, mais un divorce ! Je suis impatient d'entendre les réactions de François Hollande, de Laurent Fabius et de ses sbires. Si c'est la forme adoptée par Ségolène Royal pour se démarquer "de l'aile gauche" de son parti, n'eût-il pas été plus clair de l'afficher plus tôt ?

Nous savons bien que la mue politique du PS vers un véritable parti social démocrate n'est pas pour demain. Verrouillé par ses éléphants, tributaire de sa base (corporatismes syndicaux et professionnels), attaqué sur sa droite par l'ouverture du gouvernement Fillon II qui lui dérobe les ressources humaines qui pourraient mener à bien l'ouverture, le PS vit une traversée du désert.

Il est clair que si au PS, le candidat qui aurait pu être amené à diriger la République n'a d'autre choix que de suivre les pointillés d'un parti, on comprend mieux l'excommunication prononcée sur les socialistes qui ont rejoint le gouvernement récemment nommé ! Ce n'est pas une VIe République que nous promettait donc Mme Royal, mais le retour à la IVe et au régime des partis !

Mais bien sûr, cela n'empêche personne de crier et de gesticuler contre "l'état UMP", "la nécessité d'un contre-poids politique" et "l'autoritarisme de Nicolas Sarkozy et de la droite ultra-libérale"...

En une seule phrase prononcée par vous, Madame Royal, vous m'avez confirmé dans le choix que j'ai fait les 10 et 17 juin derniers de voter pour le candidat UMP à la députation de ma circonscription, et je vous en remercie.

21.06.2007

Mais si, l'assurance vie reste bien le cadre fiscal le plus interessant !

L'Oryctérope, lui, le sait bien : on lui dira ce qu'on veut, il n'empêche que l'assurance vie est le cadre fiscal le plus intéressant pour placer son épargne. Bien loin des lieux communs souvent avancés ("mon argent reste bloqué 8 ans", "avec la suppression des droits de succession, l'assurance vie n'a plus d'intérêt" et autres pensées uniques erronées...).

Voici quelques réflexions de l'Oryctérope sur ce "produit miracle".

- un cadre fiscal pérenne : 4 décisions de la Cour de Cassation confirment l'assurance vie dans sa réalité de produit d'assurance (il y a bien existence d'un aléa). Il n'y a pas de risque de remise en cause de ce statut fiscal.

- une réalité économique indispensable: l'assurance vie est un cadre fiscal incitatif (et bien plus que cela) qui incite les français à épargner pour leur consommation, leur futur et leur retraite (donc à soulager les régimes obligatoires). Ce sont, même si le terme est politiquement incorrect, des "fonds de pension à la française". On ne tue pas la poule aux oeufs d'or et les gouvernements successifs l'ont bien compris. Il suffit de voir les réponses des principaux candidats aux élections présidentielles aux questionnaires des associations d'assurés (AGIPI, AFER) pour s'en convaincre.

- ne pas confondre assurance vie et assurance décès : l'une est une assurance portant sur une somme d'épargne versée au(x) bénéficiaire(s) du contrat en cas de vie et / ou de décès, alors que l'assurance décès (ou temporaire décès) est une assurance dont les cotisations sont à fonds perdus, et qui est très souvent (sauf pour les solutions en vie entière) soumise à limite d'âge pour l'assuré (65, 70, 75 ans...). L'assurance décès ne garantit une somme (capital ou revenu) qu'en cas de décès de l'assuré. Il n'y a pas de concurrence entre assurance vie et assurance décès ! Ces deux solutions correspondent à des logiques différentes.

- l'assurance vie est un réceptacle dans lequel on peut investir (presque) tous types de supports financiers : eh oui, on entend souvent "qu'il vaut mieux placer son argent en immobilier (c'est de la pierre donc c'est du solide, du tangible, et ça rapporte) qu'en assurance vie". Et pourquoi pas placer son argent dans le support immobilier d'un contrat d'assurance vie ? L'argent est disponible immédiatement, il n'y a pas d'impôts fonciers, pas de charges, pas de frais notariés, et vous êtes sûr de revendre en .... 60 secondes. L'aviez-vous vu comme çà ? L'Oryctérope sait bien, lui, que c'est l'habitude et les lieux communs qui gouvernent trop souvent nos choix. Quand on investit, le principal danger, c'est souvent soi-même.

- l'assurance vie permet de conserver la totale disponibilité de son épargne, et dès le premier jour: l'Oryctérope entend tous les jours cette remarque erronée: "si je place mon argent en assurance vie, je vais devoir attendre 8 ans pour en profiter, tandis que si je place mon épargne dans des OPCVM (SICAV, FCP) ou sur un Compte Titres, je peux en disposer immédiatement en cas de nécessité".

C'est faux ! (ou tout au moins, c'est faux dès qu'on dépasse le seuil de cession de valeurs mobilières). Supposons que l'Oryctérope, malin,  place 100 000 € sur un contrat d'assurance vie à versements libres, tandis que son ami Pangolin, mal conseillé, investit lui aussi 100 000 € mais dans un Compte Titres ou une SICAV. Si la rentabilité des deux placements est de 5% la première année, que se passe-t-il si Oryctérope et Pangolin ont besoin de 5 000 € au bout d'un an seulement ? Même dans le cas où l'Oryctérope est très riche et qu'il opte pour le prélèvement forfaitaire libératoire car son taux marginal d'imposition est de 40%, il est soumis à 35% de prélèvements plus 11% de prélèvements sociaux, soit 46% au total. Pangolin, lui, acquitte 27% (16% + 11%) pour avoir dépassé le seuil de cession de valeurs mobilières. Pangolin croit faire une bonne affaire et nargue l'Oryctérope qui, selon lui, n'aurait pas dû sortir si tôt des sommes de son contrat !

En réalité, l'Oryctérope paiera 115 € en impôt et prélèvements sociaux là où Pangolin s'acquittera de ... 1 350 € . AH ! si Pangolin avait été mieux conseillé !

Morale de cette histoire: même avec une antériorité fiscale d'un an seulement, il vaut mieux sortir des sommes importantes d'un contrat d'assurance vie que de tout autre support d'épargne.

 

A quoi sert l'assurance vie ?

A plein de choses !

- constituer un capital de précaution,

- faire fructifier son épargne,

- protéger ses proches en leur assurant une transmission de son patrimoine dans les meilleures conditions,

- préparer sa retraite,

- s'assurer des revenus réguliers (et si!)

- et bien d'autres choses encore !

C'est la meilleure solution:

 ... Pour la transmission de son patrimoine :

Il ne faut pas confondre le droit civil et le droit fiscal ! Le contrat d'assurance vie permet de choisir librement les bénéficiaires (notamment pour le concubin et les petits-enfants), de modifier les bénéficiaires à tout moment.

L'Oryctérope a même une astuce (tout à fait légale) pour récupérer les sommes placées sur un contrat d'assurance vie lorsqu'il y a acceptation du bénéfice du contrat (cas du "bénficiaire acceptant"). Il faut savoir que dans ce cas, les assureurs ne veulent pas "rendre" l'épargen au stipulant, car il y un bénéficiaire acceptant. Les décisions de Cour d'Appel (Paris et rennes en 2003 et 2004) peuvent être cassées... Autrement dit, il existe de nombreux cas d'adhérents à des contrats d'assurance vie qui se retrouvent avec leur épargne bloquée en faveur d'un ex-conjoint ou d'un enfant ou ami peu reconnaissant. L'Oryctérope, lui, a trouvé une solution qui permet de récupérer, sans coup férir, tout son capital!

L'assurance vie permet aussi de favoriser une transmission au profit des tiers, ignorés par la dévolution légale. Elle permet d'organiser la succession entre les proches, et d'éviter tout prélèvement social sur les contrats multisupports jusqu'au décès de l'assuré.

... Pour faire fructifier son épargne :   l'assurance vie permet des revenus garantis et réguliers, très peu fiscalisés, même avant 4 ou 8 ans (voir l'histoire de Pangolin et d'Oryctérope). Il y a une véritable souplesse des versements, une disponibilité de l'épargne, la possibilité de diversifier celle-ci grâce à l'accès à des fonds gérés par différents gestionnaires et couvrant toutes les classes d'actifs (monétaire, obligataire, actions, immobilier...). Pas de fiscalité sur la réorientation de l'épargne (les arbitrages), la possibilité de sortir sous différentes formes (capital OU rente, au choix), la certitude de la garantie du capital investi pour le support en euro, la performance étant définitivement acquise grâce à l'effet cliquet.

... Pour parer aux aléas du futur: on peut se servir de son contrat en tant que garantie d'un prêt qu'on ne pourrait pas obtenir par ailleurs, par exemple (prêt immobilier, acahat de parts de société pour un professionnel libéral, ...).

 Conseil d'Oryctérope !

 

20.06.2007

la réforme des droits de succession : politiquement correcte, économiquement fausse

C'est l'exemple même d'une mesure qui peut réussir à contre-courant de la logique économique.

L'oryctérope avance d'une case !

 

RÉFLEXION  DE L'ORYCTEROPE SUR LA RÉDUCTION DES DROITS DE SUCCESSION DANS LE CADRE DU PROJET DE LOI SUR LE TRAVAIL, L'EMPLOI ET LE POUVOIR D'ACHAT

C’est une position largement répandue que celle selon laquelle les droits de succession constitueraient une ponction inique sur le patrimoine transmis, au soir d’une vie de travail, à ses enfants. De plus, ce capital ayant été, pour une bonne part, préalablement assujetti à l’impôt (sur le revenu, foncier, ISF) et aux prélèvements sociaux, la mesure peut sembler doublement condamnable.

Après réflexion, j’adopte une position différente.

 

On parle souvent,  particulièrement quand on se réfère à la TVA, « d’impôt indolore ». Remarquons que la TVA est un impôt par ailleurs tout aussi injuste que les droits de succession puisqu’elle s’applique à des revenus préalablement fiscalisés (à l’IR). Notons aussi que l’IR devait avoir pour rôle de rétablir l’équité (et non l’égalité) et qu’une fois appliqué, s’il joue son rôle de solidarité, on a du mal à comprendre en quoi la TVA est plus juste qu’un accroissement de l’IR. Sauf à permettre de fiscaliser des revenus « omis » lors de la déclaration de revenus.... Ceci est un autre débat.

 

Les droits de succession sont par définition un impôt indolore, pour peu que le décès ait été anticipé et que leur montant ne soit pas confiscatoire.

 

Indolore, car, sans cynisme, ils ne pénalisent plus le défunt, ni les héritiers (on ponctionne des sommes à venir, incertaines et non acquises). On m’opposera que dans le cas d’un décès touchant un père de famille dans la fleur de l’âge, le règlement successoral grève le patrimoine résiduel des survivants (conjoint, enfants).

Ceci n’est qu’en partie vrai. Un certain nombre de mesures existantes ou aisément faisables suffisent à pallier cet inconvénient :

-         en premier lieu, du fait des abattements successifs (abattement global de 50 000 €, puis de 76 000 € pour le conjoint survivant et de 50 000 € pour les enfants) la grande majorité des successions ouvertes ne donnent pas lieu à fiscalité successorale (9 successions sur 10 entre conjoints et 8 sur 10 en ligne directe ne sont pas imposables),

 

-         deuxièmement, une multitude de solutions d’ingénierie patrimoniale existe (sans entrer dans le détail, citons l’assurance-vie permettant d’exonérer entièrement 457 500 € de capital successoral pour une personne mariée avec deux enfants, les solutions dites « en vie entière » permettant l’anticipation de la fiscalité successorale pour les personnes susceptibles de devoir y faire face. N’oublions pas, pour les décès prématurés des chefs de famille actifs, le rôle encore trop souvent oublié des contrats collectifs de prévoyance d’entreprise, les garanties sociales reposant sur la Convention Collective des Cadres de 1947, le Code de la Sécurité Sociale, ou les divers accords de branche ou d’entreprise….). Faudrait-il aussi que les notaires jouent pleinement leur rôle de conseil, ce qui pour beaucoup (certes pas tous) n’est plus le cas, car force est de constater que cette profession se déprécie par le numerus clausus qui la maintient hors de portée de toute concurrence, alors qu’elle bénéfice de l’aura du statut d’officier ministériel. A quand la réforme ?

 

Or, quelle que soit l’étendue de la réduction des droits de succession finalement votée, les donations devront être favorisées. Et ceci pour plusieurs raisons :

 

-         l’espérance de vie croissant, l’âge auquel on hérite ne cesse de reculer. Il est déjà, en moyenne, de 52 ans et certainement plus pour les catégories sociales élevées, bénéficiaires de la majorité du patrimoine successoral global (10% des foyers détenant 46% du patrimoine total des ménages),

 

-         les donations accélèrent la fluidité de la circulation de l’épargne et permettent à des actifs de consommer et d’investir dans leur outil de travail ou dans l’épargne productive (actions et obligations) – quand on sait qu’un tiers seulement des actifs de plus de 55 ans travaille, l’âge successoral moyen de 52 ans s’approche dangereusement d’un « héritage pour retraités » !

 

-         les droits de succession, particulièrement pénalisants pour les patrimoines majoritairement investis en biens immobiliers, génèrent une mobilité forcée de l’épargne vers des supports plus réalisables (on retrouve, sous une autre forme, le faux débat du paysan rétais soumis à l’ISF). L’objectif n’est pas d’inciter à la constitution d’une nation de rentiers locatifs, sauf à recréer le « Père Goriot »,

 

-         ainsi, on redynamise (un peu) l’ascenseur social, par transfert d’épargne intergénérationnel.

 

Il faut donc encourager les donations entre vifs : c’est l’écart supplémentaire qu’on créera au profit de celles-ci par rapport aux avantages successoraux qui assainira la fiscalité du droit des transmissions à titre gratuit.

 

En d’autres termes, cela peut être favorable de réduire les droits de succession : la question n’est pas là, mais d’accroître l’avantage comparatif au profit des donations intergénérationnelles.

 

Cette mobilité du patrimoine entre les générations n’est pas une vue de l’esprit : la donation Sarkozy (jusqu’à 30 000 € de donation par enfant exonérée de droits) a suscité 1,8 million de donations en dix huit mois, soit deux fois la tendance naturelle.

 

Quand une mesure répond non seulement à un arbitrage fiscal mais à un réel besoin, elle est porteuse de succès.

L’élargissement de la palette d’outils utilisables (donations graduelles et résiduelles, extension des donations aux ordres successoraux élargis, pacte successoral, …) va dans le bon sens.

CONCLUSION :

Je rejoins pour une bonne part les conclusions du député Sébastien Huyghe qui a mis en exergue certains des éléments précités. Il est dommage que pour cause de corporatisme professionnel *, les positions de conviction du député Huygue soient peu reprises dans les média.

* « le mode de taxation est complexe, les taux confiscatoires, jusqu’à 40% en ligne directe, jusqu’à 60% pour les Pacsés et 60% pour les gens non mariés et les célibataires sans enfants, les barèmes sont compliqués » (Mr. Bernard Reynis, président du conseil supérieur du notariat). On était en droit d’attendre une position moins populiste,  plus nuancée et étoffée de la part du président d’un ordre professionnel.

 

Je pense donc quil y a un intérêt économique pour la France à maintenir un différentiel favorable aux donations entre vifs aux dépens de l’avantage successoral. Faire le contraire prêterait le flanc à la critique politique (« la suppression des droits de succession ne bénéficie qu’aux ménages aisés ») mais serait surtout un facteur de blocage supplémentaire dans une société qui en a déjà d’assez nombreux.

 

Mais qu'est-ce donc qu'un oryctérope ?

Mesurant environ 1,30 m à l'âge adulte, il a une tête très allongée se terminant par un groin tubulaire, de grandes oreilles ressemblant à celles d'un âne. Sa tête est connectée par un court cou à un corps massif et arqué. Il se termine par une queue pointue et musculeuse.

Ses pieds sont pourvus de quatre doigts en avant et cinq en arrière, armés de fortes griffes, ce qui lui permet de creuser le sol ou de fouiller une termitière en un temps record.

Voici à quoi cela ressemble:

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MAIS QUEL RAPPORT ENTRE L'ORYCTEROPE ET LA POLITIQUE ?

L'Oryctérope est un animal bizarre, à la croisée des chemins de différentes espèces. Il n'a pas grand chose qui attire l'oeil, est bien laid et arbore cet air stupide qui ne lui a laissé aucune chance parmi les animaux favoris des enfants.

Connu dans les pays anglophones sous le nom vernaculaire d' "AARDVARK ", il a connu son apogée dans les années 70 grâce à une publicité de la marque de cigarettes Benson & Hedges qui, contrainte par la loi à des publicités insipides sur le tabac, avait préféré exposer en affiches grand format un oryctérope en précisant que "puisque la loi ne nous permet pas de vous parler de nos produits, voici un oryctérope". L'animal a donc eu son heure de gloire.

Aujourd'hui, la société civile grouille de blogs et d'opinions dans les media et les sondages. Il faut bien que de temps à autre, un petit oryctérope affiche une pensée à contre-courant, entre ses deux grandes oreilles d'âne, pour faire réagir.

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