17.07.2007

Charles Millon : UNIR pour mieux désunir

Quelle surprise ! L'auriez-vous deviné ? Charles Millon est de retour dans la vie politique lyonnaise.

Après une déportation dorée à la FAO (Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture), où il a sans aucun doute et ostensiblement contribué pendant 3 ans (ainsi que vous avez pu vous en rendre compte) à la lutte contre la faim dans le monde, cet "existentialiste chrétien" qui se dit héritier d'Emmanuel Mounier, a désobéi à l'injonction qui lui avait était faite de décuver son vin de messe loin de la future bataille lyonnaise Collomb - Perben.

Repu par ses "affaires" françaises ("oubliant" sa villa de fonction apportée par le Conseil Régional, il avait choisi un six-pièces, simple et de bon goût, dans le quartier d'Ainay). De même que les taulards font de mauvaises rencontres en détention, Charles Millon s'était, lui, fait d'honorables amitiés: Denis Broliquier, maire d'arrondissement, et l'inimitable Amaury Nardonne, logé un temps rue Grolée (çà ne vous rappelle rien ? Mais si, réfléchissez bien ...). Bref, rien que du beau monde de la presqu'île, au contraire de ce vaurien de Dominique Perben, maire d'une ville qui n'est même pas dans le Rhône.

Voilà donc le trio Millon - Nardonne - Broliquier qui reprend du galon, afin d'unir Lyon autour d'une liste municipale, qui porte le nom éponyme d'UNIR ! L'oryctérope apprécie l'humour de ces nouveaux "Marx Brothers" bien gaulois, forts de proclamer l'union autour d'une liste de division.

Scène 1: Charles Millon annonce sur RCF le 2 juillet 2007 qu'il "accompagnerait à Lyon la construction d'une liste Majorité Présidentielle qui soit la grande liste de la droite lyonnaise", prônant ainsi "le renouvellement du personnel politique à Lyon". Tiens ! L'Oryctérope avait cru comprendre qu'il existait déjà une telle liste à Lyon, coiffée par Dominique Perben. Il est vrai qu'exilé à Rome, Charles Millon n'avait peut être pas les informations récentes des trois dernières années...

Scène 2: Rien ne vaut une petite pique de temps en temps pour se créer une place au soleil. Sur le dazibao du groupe UNIR, à savoir le blog du mouvement, on peut lire des commentaires émus et larmoyants sur le sort de Christian Philip (vous savez, celui dont Nicolas Sarkozy a dit (à peu de choses près) qu'il avait autant sa place en tant que secrétaire d'état qu'un éléphant dans un bénitier).

Extrait du site d'UNIR pour Lyon: 

"Même si rien n'avait été annoncé officiellement, il était légitime que Christian PHILIP puisse poursuivre son travail entamé sur les transports ou la francophonie au sein du gouvernement !"
Christian DUPRES DE LHOTE

Scène 3: Charles Millon sait bien (sinon, qu'on lui dise) qu'il ne peut pas gagner les élections. Son but est de faire perdre Dominique Perben ou de faire croire qu'il a tant de poids entre les places Ampère et Bellecour qu'il est de nouveau un acteur incontournable de la politique locale. Devenant de fait le meilleur ami de Gérard Collomb, Charles Millon s'accroche à la "nostalgie du balancier radical" espérant faire pencher la donne d'un côté ou de l'autre.

Scène 4: un programme "innovant et décoiffant" ! C'est ce qu'annonce Charles Millon. Et c'est en le lisant (fautes d'orthographe comprises) qu'on se rend compte que là n'est pas le problème pour lui. Il ne s'agit pas de se faire élire sur un projet, mais de se trouver un recoin au chaud près du radiateur (certes, les hivers sont plus froids à Lyon qu'à Rome). Il faut dire que si c'est Amaury Nardone qui a rédigé ce programme, on comprend mieux la vacuité du contenu: proposer Lyon comme ville olympique d'été ... et simultanément avoir une politique de "fiscalité zéro" appuyée sur ce raisonnement d'une profondeur nietzéenne : "nous estimons que les prélèvements actuels sont suffisant et que nous pouvons générer de fortes économies en rationalisant la gestion des dépense publiques dévolues à la Ville de Lyon". Outre le fait que l'Oryctérope estime que "suffisant" et "dépense" auraient pu s'accomoder d'un "s" même si ces mots sont excessifs aux yeux d'UNIR, l'électeur moyen approuvera toute la logique structurelle de ce genre de proposition. "La famille et les enfants sont au centre de la société": encore un socle bien consensuel du programme d'UNIR, qui prévoit plein de crèches autofinancées. Et puis un grand palais omnisport. Et puis des espaces verts partout autour de Lyon.

En lisant toutes ces idées décoiffantes, l'Oryctérope se demande pourquoi diable ne pas avoir contribué à les distiller au sein du programme UMP mené par Dominique Perben. Bien sûr, ce dernier doit être opposé à la famille et aux enfants, retif aux crèches pour les familles en pénurie, et farouche partisan du béton en périphérie de l'agglomération. Bref, deux hommes et deux choix de société.

Epilogue: l'Oryctérope attend de voir si Dominique Perben saura asseoir sa crédibilité face à cette liste d'outre-tombe menée par des zombies en recherche de gloriole. Passants partisans d'une véritable politique libérale et blasés des luttes intestines des guignols d'entre Saône et Rhône, passez votre chemin.