13.07.2007
Politique de la culture à Lyon : le modèle de Fouquet ?
Trop c'est trop !
Sous prétexte que la culture est publique et que celle-ci doit être accessible à tous les oryctéropes de Lyon, donc sous couvert de bons sentiments, la ville gérée par Gérard Collomb, maire en titre et accessoirement président du Grand Lyon et de nombreuses associations ou régies culturelles locales, procède à une gabegie inacceptable des deniers publics. L'Oryctérope s'insurge contre celà et propose une solution, pour que la culture à Lyon continue d'être accessible (sans être hermétique), populaire (sans être somptuaire) et bien gérée (sans être gaspillée).
Prenons l'exemple de 5 institutions importantes et visibles de la culture à Lyon: l'Opéra de Lyon, le Théâtre des Célestins, les biennales de la Danse et des Arts Contemporains, La Maison de la Danse, le Théâtre de la Tête d'Or.
Les statuts : au petit bonheur la chance ...
Aucune de ces 5 institutions n'a le même statut: l'Opéra est une association loi de 1901 présidée par Mr Collomb et les conseillers municipaux formant la majorité des administrateurs, l'établissement est de fait géré par la ville. Le Théâtre des Célestins est une Régie Municipale. Le maire de Lyon préside l'association des Festivals Internationaux, qui organise chaque année les biennales de la Danse. la Maison de la Danse est une coopérative de production (SCOP), gérée par ses salariés. Le Théâtre de la Tête d'Or, enfin, est un théâtre privé, recevant des subventions publiques.
On a là 5 établissements et 5 statuts différents. Qui peut expliquer clairement la justification et l'hétérogénéité des statuts: pourquoi l'Opéra ne serait-il pas une SCOP ? Cela est le fruit de l'histoire, bien sûr, mais il y a un manque certain de lisibilité.
La détention des actifs immobiliers: le grand jeu des chassés-croisés ...
S'il y a bien une chose dont l'oryctérope se méfie, c'est de ces mécanismes par lesquels la municipalité possède un bien qu'elle met à disposition gratuitement d'une entité. Acte de générosité ? Non, acte de confusion. Pourquoi l'économie de l'Opéra n'inclut-elle pas une location du bâtiment à la ville, alors que c'est cette dernière qui en a la propriété ? Pourquoi les travaux d'aménagement ne sont-ils pas supportés par l'Opéra, quitte à ce qu'il y ait intégration de ces travaux dans les subventions accordées par la municipalité ? Pourquoi nos élus s'appliquent-ils à maintenir des règles à géométrie variable, alors que la clarté, l'homogénité et la riqueur sont synonymes de bonne gestion ? Est-ce uniquement par négligence ? Espérons-le.
Les subventions et les aides accordées: aucune perspective du ratio recettes / dépenses ....
L'oryctérope ne raisonne probablement pas comme la municipalité actuelle. Il pense que pour qu'une initiative culturelle mérite d'être soutenue, il faut qu'elle ait un minimum de public ... Si une association culturelle reçoit en subvention 80% ou plus de son budget (certaines parviennent au taux record de 96% et même 99.8%), c'est qu'elle ne rencontre pas son public (et non que le public est ignare). Si l'oryctérope se trompe, il est prêt à créer dès septembre 2007 l'Association de l'Oryctérope Lyonnais (AOL) dont il sera le seul membre, ayant pour vocation des études poussées sur le style de vie de l'oryctérope, et financée à 100% par le contribuable lyonnais. Où sont les limites ?
L'Oryctérope préconise donc la mise en place des mesures suivantes pour rétablir une réalité dans l'univers d'Alice au Pays de Merveilles instauré dans notre belle ville:
- la création d'un "Comité Culturel" constitué pour moitié d'élus (Ville, Conseil Régional) et de représentants des associations existantes, et pour l'autre moitié de lyonnais ou d'habitants du grand Lyon, selon des modalités à préciser, afin de statuer sur les points ci-dessous :
- proposer un statut motivé et cohérent pour l'ensemble des manifestations ou institutions culturelles existantes à Lyon, de sorte à abandonner le schéma actuel, ce qui ne signifie pas que toutes seront regroupées sous un même statut, mais simplement que la décision sera la conséquence d'une réflexion responsable ;
- établir une base budgétaire claire, incorporant la notion "d'aide non payée" pour une valeur de marché (coût de la location des biens immobiliers, mise à disposition de ressources humaines, techniques, financières) pour en finir avec l'opacité du transfert de ressources actuel ;
- définir un programme d'action culturel quinquennal avec un budget prévisionnel qui devra être présenté, dans ses réalisations, chaque année, au Comité Culturel, avec une justification des écarts. Définir un seuil de dépassement maximal au-delà duquel la municipalité n'aura pas la possibilité de financer les bénéficiaires. Les subventions en particulier, devront répondre systématiquement aux conditions imposées par le législateur (là, c'est souvent le Conseil Régional qui ne contrôle rien... Citons l'exemple des avances sur financement de films, versées par la Collectivité Territoriale et qui n'ont jamais été remboursées, ainsi qu'a pu le relever la Cour des Comptes) ;
- imposer un ratio plafond, dans le cadre du plan quinquennal, des aides + subventions rapportées aux recettes (ou plutôt le contraire, le ratio étant rarement supérieur à 1 !). Cela permettra d'identifier pourquoi on maintient en vie des associations qui ont vocation à ne jamais rencontrer leur public...
Ces préconisations reposent sur une croyance forte: la subvention publique n'est pas néfaste en soi et il est inimaginable qu'une institution telle que l'Opéra de Lyon, par exemple, perdure sans ce financement public. Pour autant, elle doit être présentée et décidée dans son acceptation globale, sans coûts cachés, de sorte que la population sache - c'est bien le premier de ses droits puisqu'elle finance - ce qu'on lui sert. La mission de service public n'a rien d'incompatible avec une gestion privée, il suffit que le cahier des charges soit clair et identifie clairement ce qui relève de la subvention de ce qui relève de la dynamique commerciale. Le Théâtre de la Tête d'Or peut être pris comme exemple à cet effet. On peut imaginer décomposer la politique culturelle à Lyon en 3 pôles: la Ville de Lyon, propriétaire et bailleur des locaux, les institutions culturelles, gérées pour un certain nombre sous forme de structures de droit privé, et la Ville et les Collectivités Territoriales (Conseil Régional), associées au sein du Comité Culturel, pour le financement de la mission de service public au titre de la culture.
16:35 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : culture, Lyon, Gérard Collomb, gaspillage


