28.06.2007

"La Force de Contestation de l'oryctérope" ou le "shadow government" lyonnais

L'oryctérope l'admet : le PS a parfois de bonnes idées. Peu importe qu'elles viennent souvent d'outre-manche, où la notion de socialisme est tout autre.

Deux exemples : le concept de "démocratie participative", inspiré à la base du magazine anglais "New Scientist" qui a ensuite donné naissance à un petit livre savoureux: "Pourquoi les manchots n'ont pas froid aux pieds". Et aussi, la notion de "shadow government" lancée par Jean-Marc Ayrault, dont les origines anglaises vont jusque dans la dénomination.

Bien sûr, l'appareil de parti fît que la première de ces deux idées se perdit dans la démagogie politicienne. Quant à la seconde, le PS attendant 2008 pour choisir sa tête de file, inutile de préciser que l'idée de "contre-gouvernement" est probablement d'ores et déjà mort-née.

 A Lyon, l'oryctérope pense qu'il serait bon que la droite républicaine, c'est-à-dire l'UMP, s'inspire de cette notion de "shadow government". Et pourquoi ?

Lyon est fondamentalement une ville conservatrice et sécuritaire. Les municipales de 2008, prochain enjeu électoral majeur, ne seront gagnées par la droite (majoritaire en nombre de voix, y compris au second tour des législatives) que si l'opinion publique est convaincue que la politique présente est profondément néfaste pour la ville.

Or, force est de constater que ce n'est pas le cas: habile politicien, le maire actuel a su s'attirer des sympathies dans les milieux influents, a su mener une politique de main-mise sur les média (qui n'a rien à envier aux critiques portées par le PS et par le feu Modem à Nicolas Sarkozy !) et dégage une image consensuelle, molle comme une quenelle, loin d'une politique de conviction.

L'opinion lyonnaise, endormie, se pose le problème ainsi: pourquoi risquer de perdre un maire sans aspérité et élire en lieu et place un candidat de droite qui a encore du mal à consolider son ancrage lyonnais ?

Clairement, en l'état actuel des choses, il faut réagir !

Or l'alternance politique dans un scrutin local n'est pas similaire à celle d'une élection nationale: l'équipe l'emporte sur l'idéologie, les détails de la vie courante effacent les tendances structurelles. Qui sait vraiment à qui l'on doit quoi ? Les grands travaux sont-ils de le fait de l'une ou l'autre majorité ? Quelle est la part du municipal, du regional et de l'état dans les projets achevés ? Est-ce celui qui coupe le ruban qui est à l'origine du projet ?

Tactiquement, la droite a deux handicaps à Lyon:

- les média sont acquis au pouvoir en place. Conservatisme et intérêts particuliers, sans doute.

- la campagne de LNH est, jusqu'à présent, fondée sur un projet positif et constructif pour Lyon.

L'oryctérope pense que, politiquement, c'est faire fausse route. Expérience d'oryctérope, il faut adopter une tactique de critique et de mise en exergue des insuffisances et erreurs de la gestion actuelle. Il faut convaincre les lyonnais que la gestion actuelle n'est pas en phase avec leurs attentes, et qu'ils sont dupés par l'opacité du système.

Bâtir un projet politique autour d'un schéma positif est souhaitable dans le cadre d'une enjeu électoral national ou quand on consolide une position forte et installée, ce qui n'est manifestement pas le cas pour Dominique Perben. Il lui faut donc, et rapidement, révéler aux lyonnais les travers de l'actuelle gestion.

Le concept de "contre-gouvernement" ou, en l'occurrence, de force de contestation à Lyon doit prévaloir. C'est dans la différenciation et non dans la formulation de propositions qui seront, sous une forme ou une autre, appropriées par la municipalité en place, qu'il faut se créer une dynamique et une authenticité.  Et montrer que le conservatisme est à gauche.

En est-il encore temps ?