23.07.2007
Unir n'est pas subir
Charles Millon et sa liste UNIR ont dévoilé leur 7 mesures pour Lyon (voir la note "Charles Millon: UNIR pour désunir" - 17.07.2007).
Parmi ces mesures "innovantes et décoiffantes", l'engagement de ne pas augmenter la fiscalité, grâce au "réservoir d'économies" généré par la mauvaise gestion de l'actuelle municipalité.
L'Oryctérope s'accorde pour penser que la gestion Collomb est, sous bien des aspects, une gabegie dont le seul avantage est de permettre des gains futurs, sans trop de difficultés. Pour autant, promettre une "fiscalité zéro" lorsqu'on voit la croissance moyenne des dépenses des grandes villes françaises, et qu'on sait le programme "ambitieux" de Charles Millon pour Lyon, voilà bien une promesse démagogique.
Le danger pour la droite UMP de Dominique Perben consisterait à devenir prisonnière, par peur de ne pas être consensuelle avec Charles Millon, des fantasmes politiques de ce dernier. Par peur d'être présentée comme étant à l'origine de la division de la droite, par refus du "programme" d'UNIR, présenté sous forme de diktat, UNIR peut constituer un poids qui coule les chances de l'UMP plutôt qu'il ne l'aide.
Les amis d'hier n'ont pas toujours la loyauté de l'union, et le trio Millon - Broliquier - Nardonne n'attend qu'un faux pas de Dominique Perben et de Michel Havard pour mieux justifier une liste séparée au premier tour des municipales.
13:25 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Charles Millon, Dominique Perben, UMP, Lyon, municipales
17.07.2007
Charles Millon : UNIR pour mieux désunir
Quelle surprise ! L'auriez-vous deviné ? Charles Millon est de retour dans la vie politique lyonnaise.
Après une déportation dorée à la FAO (Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture), où il a sans aucun doute et ostensiblement contribué pendant 3 ans (ainsi que vous avez pu vous en rendre compte) à la lutte contre la faim dans le monde, cet "existentialiste chrétien" qui se dit héritier d'Emmanuel Mounier, a désobéi à l'injonction qui lui avait était faite de décuver son vin de messe loin de la future bataille lyonnaise Collomb - Perben.
Repu par ses "affaires" françaises ("oubliant" sa villa de fonction apportée par le Conseil Régional, il avait choisi un six-pièces, simple et de bon goût, dans le quartier d'Ainay). De même que les taulards font de mauvaises rencontres en détention, Charles Millon s'était, lui, fait d'honorables amitiés: Denis Broliquier, maire d'arrondissement, et l'inimitable Amaury Nardonne, logé un temps rue Grolée (çà ne vous rappelle rien ? Mais si, réfléchissez bien ...). Bref, rien que du beau monde de la presqu'île, au contraire de ce vaurien de Dominique Perben, maire d'une ville qui n'est même pas dans le Rhône.
Voilà donc le trio Millon - Nardonne - Broliquier qui reprend du galon, afin d'unir Lyon autour d'une liste municipale, qui porte le nom éponyme d'UNIR ! L'oryctérope apprécie l'humour de ces nouveaux "Marx Brothers" bien gaulois, forts de proclamer l'union autour d'une liste de division.
Scène 1: Charles Millon annonce sur RCF le 2 juillet 2007 qu'il "accompagnerait à Lyon la construction d'une liste Majorité Présidentielle qui soit la grande liste de la droite lyonnaise", prônant ainsi "le renouvellement du personnel politique à Lyon". Tiens ! L'Oryctérope avait cru comprendre qu'il existait déjà une telle liste à Lyon, coiffée par Dominique Perben. Il est vrai qu'exilé à Rome, Charles Millon n'avait peut être pas les informations récentes des trois dernières années...
Scène 2: Rien ne vaut une petite pique de temps en temps pour se créer une place au soleil. Sur le dazibao du groupe UNIR, à savoir le blog du mouvement, on peut lire des commentaires émus et larmoyants sur le sort de Christian Philip (vous savez, celui dont Nicolas Sarkozy a dit (à peu de choses près) qu'il avait autant sa place en tant que secrétaire d'état qu'un éléphant dans un bénitier).
Extrait du site d'UNIR pour Lyon:
"Même si rien n'avait été annoncé officiellement, il était légitime que Christian PHILIP puisse poursuivre son travail entamé sur les transports ou la francophonie au sein du gouvernement !"
Christian DUPRES DE LHOTE
Scène 3: Charles Millon sait bien (sinon, qu'on lui dise) qu'il ne peut pas gagner les élections. Son but est de faire perdre Dominique Perben ou de faire croire qu'il a tant de poids entre les places Ampère et Bellecour qu'il est de nouveau un acteur incontournable de la politique locale. Devenant de fait le meilleur ami de Gérard Collomb, Charles Millon s'accroche à la "nostalgie du balancier radical" espérant faire pencher la donne d'un côté ou de l'autre.
Scène 4: un programme "innovant et décoiffant" ! C'est ce qu'annonce Charles Millon. Et c'est en le lisant (fautes d'orthographe comprises) qu'on se rend compte que là n'est pas le problème pour lui. Il ne s'agit pas de se faire élire sur un projet, mais de se trouver un recoin au chaud près du radiateur (certes, les hivers sont plus froids à Lyon qu'à Rome). Il faut dire que si c'est Amaury Nardone qui a rédigé ce programme, on comprend mieux la vacuité du contenu: proposer Lyon comme ville olympique d'été ... et simultanément avoir une politique de "fiscalité zéro" appuyée sur ce raisonnement d'une profondeur nietzéenne : "nous estimons que les prélèvements actuels sont suffisant et que nous pouvons générer de fortes économies en rationalisant la gestion des dépense publiques dévolues à la Ville de Lyon". Outre le fait que l'Oryctérope estime que "suffisant" et "dépense" auraient pu s'accomoder d'un "s" même si ces mots sont excessifs aux yeux d'UNIR, l'électeur moyen approuvera toute la logique structurelle de ce genre de proposition. "La famille et les enfants sont au centre de la société": encore un socle bien consensuel du programme d'UNIR, qui prévoit plein de crèches autofinancées. Et puis un grand palais omnisport. Et puis des espaces verts partout autour de Lyon.
En lisant toutes ces idées décoiffantes, l'Oryctérope se demande pourquoi diable ne pas avoir contribué à les distiller au sein du programme UMP mené par Dominique Perben. Bien sûr, ce dernier doit être opposé à la famille et aux enfants, retif aux crèches pour les familles en pénurie, et farouche partisan du béton en périphérie de l'agglomération. Bref, deux hommes et deux choix de société.
Epilogue: l'Oryctérope attend de voir si Dominique Perben saura asseoir sa crédibilité face à cette liste d'outre-tombe menée par des zombies en recherche de gloriole. Passants partisans d'une véritable politique libérale et blasés des luttes intestines des guignols d'entre Saône et Rhône, passez votre chemin.
17:35 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Charles Millon, Lyon, UNIR, Broliquier, Nardonne
13.07.2007
Politique de la culture à Lyon : le modèle de Fouquet ?
Trop c'est trop !
Sous prétexte que la culture est publique et que celle-ci doit être accessible à tous les oryctéropes de Lyon, donc sous couvert de bons sentiments, la ville gérée par Gérard Collomb, maire en titre et accessoirement président du Grand Lyon et de nombreuses associations ou régies culturelles locales, procède à une gabegie inacceptable des deniers publics. L'Oryctérope s'insurge contre celà et propose une solution, pour que la culture à Lyon continue d'être accessible (sans être hermétique), populaire (sans être somptuaire) et bien gérée (sans être gaspillée).
Prenons l'exemple de 5 institutions importantes et visibles de la culture à Lyon: l'Opéra de Lyon, le Théâtre des Célestins, les biennales de la Danse et des Arts Contemporains, La Maison de la Danse, le Théâtre de la Tête d'Or.
Les statuts : au petit bonheur la chance ...
Aucune de ces 5 institutions n'a le même statut: l'Opéra est une association loi de 1901 présidée par Mr Collomb et les conseillers municipaux formant la majorité des administrateurs, l'établissement est de fait géré par la ville. Le Théâtre des Célestins est une Régie Municipale. Le maire de Lyon préside l'association des Festivals Internationaux, qui organise chaque année les biennales de la Danse. la Maison de la Danse est une coopérative de production (SCOP), gérée par ses salariés. Le Théâtre de la Tête d'Or, enfin, est un théâtre privé, recevant des subventions publiques.
On a là 5 établissements et 5 statuts différents. Qui peut expliquer clairement la justification et l'hétérogénéité des statuts: pourquoi l'Opéra ne serait-il pas une SCOP ? Cela est le fruit de l'histoire, bien sûr, mais il y a un manque certain de lisibilité.
La détention des actifs immobiliers: le grand jeu des chassés-croisés ...
S'il y a bien une chose dont l'oryctérope se méfie, c'est de ces mécanismes par lesquels la municipalité possède un bien qu'elle met à disposition gratuitement d'une entité. Acte de générosité ? Non, acte de confusion. Pourquoi l'économie de l'Opéra n'inclut-elle pas une location du bâtiment à la ville, alors que c'est cette dernière qui en a la propriété ? Pourquoi les travaux d'aménagement ne sont-ils pas supportés par l'Opéra, quitte à ce qu'il y ait intégration de ces travaux dans les subventions accordées par la municipalité ? Pourquoi nos élus s'appliquent-ils à maintenir des règles à géométrie variable, alors que la clarté, l'homogénité et la riqueur sont synonymes de bonne gestion ? Est-ce uniquement par négligence ? Espérons-le.
Les subventions et les aides accordées: aucune perspective du ratio recettes / dépenses ....
L'oryctérope ne raisonne probablement pas comme la municipalité actuelle. Il pense que pour qu'une initiative culturelle mérite d'être soutenue, il faut qu'elle ait un minimum de public ... Si une association culturelle reçoit en subvention 80% ou plus de son budget (certaines parviennent au taux record de 96% et même 99.8%), c'est qu'elle ne rencontre pas son public (et non que le public est ignare). Si l'oryctérope se trompe, il est prêt à créer dès septembre 2007 l'Association de l'Oryctérope Lyonnais (AOL) dont il sera le seul membre, ayant pour vocation des études poussées sur le style de vie de l'oryctérope, et financée à 100% par le contribuable lyonnais. Où sont les limites ?
L'Oryctérope préconise donc la mise en place des mesures suivantes pour rétablir une réalité dans l'univers d'Alice au Pays de Merveilles instauré dans notre belle ville:
- la création d'un "Comité Culturel" constitué pour moitié d'élus (Ville, Conseil Régional) et de représentants des associations existantes, et pour l'autre moitié de lyonnais ou d'habitants du grand Lyon, selon des modalités à préciser, afin de statuer sur les points ci-dessous :
- proposer un statut motivé et cohérent pour l'ensemble des manifestations ou institutions culturelles existantes à Lyon, de sorte à abandonner le schéma actuel, ce qui ne signifie pas que toutes seront regroupées sous un même statut, mais simplement que la décision sera la conséquence d'une réflexion responsable ;
- établir une base budgétaire claire, incorporant la notion "d'aide non payée" pour une valeur de marché (coût de la location des biens immobiliers, mise à disposition de ressources humaines, techniques, financières) pour en finir avec l'opacité du transfert de ressources actuel ;
- définir un programme d'action culturel quinquennal avec un budget prévisionnel qui devra être présenté, dans ses réalisations, chaque année, au Comité Culturel, avec une justification des écarts. Définir un seuil de dépassement maximal au-delà duquel la municipalité n'aura pas la possibilité de financer les bénéficiaires. Les subventions en particulier, devront répondre systématiquement aux conditions imposées par le législateur (là, c'est souvent le Conseil Régional qui ne contrôle rien... Citons l'exemple des avances sur financement de films, versées par la Collectivité Territoriale et qui n'ont jamais été remboursées, ainsi qu'a pu le relever la Cour des Comptes) ;
- imposer un ratio plafond, dans le cadre du plan quinquennal, des aides + subventions rapportées aux recettes (ou plutôt le contraire, le ratio étant rarement supérieur à 1 !). Cela permettra d'identifier pourquoi on maintient en vie des associations qui ont vocation à ne jamais rencontrer leur public...
Ces préconisations reposent sur une croyance forte: la subvention publique n'est pas néfaste en soi et il est inimaginable qu'une institution telle que l'Opéra de Lyon, par exemple, perdure sans ce financement public. Pour autant, elle doit être présentée et décidée dans son acceptation globale, sans coûts cachés, de sorte que la population sache - c'est bien le premier de ses droits puisqu'elle finance - ce qu'on lui sert. La mission de service public n'a rien d'incompatible avec une gestion privée, il suffit que le cahier des charges soit clair et identifie clairement ce qui relève de la subvention de ce qui relève de la dynamique commerciale. Le Théâtre de la Tête d'Or peut être pris comme exemple à cet effet. On peut imaginer décomposer la politique culturelle à Lyon en 3 pôles: la Ville de Lyon, propriétaire et bailleur des locaux, les institutions culturelles, gérées pour un certain nombre sous forme de structures de droit privé, et la Ville et les Collectivités Territoriales (Conseil Régional), associées au sein du Comité Culturel, pour le financement de la mission de service public au titre de la culture.
16:35 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : culture, Lyon, Gérard Collomb, gaspillage
28.06.2007
"La Force de Contestation de l'oryctérope" ou le "shadow government" lyonnais
L'oryctérope l'admet : le PS a parfois de bonnes idées. Peu importe qu'elles viennent souvent d'outre-manche, où la notion de socialisme est tout autre.
Deux exemples : le concept de "démocratie participative", inspiré à la base du magazine anglais "New Scientist" qui a ensuite donné naissance à un petit livre savoureux: "Pourquoi les manchots n'ont pas froid aux pieds". Et aussi, la notion de "shadow government" lancée par Jean-Marc Ayrault, dont les origines anglaises vont jusque dans la dénomination.
Bien sûr, l'appareil de parti fît que la première de ces deux idées se perdit dans la démagogie politicienne. Quant à la seconde, le PS attendant 2008 pour choisir sa tête de file, inutile de préciser que l'idée de "contre-gouvernement" est probablement d'ores et déjà mort-née.
A Lyon, l'oryctérope pense qu'il serait bon que la droite républicaine, c'est-à-dire l'UMP, s'inspire de cette notion de "shadow government". Et pourquoi ?
Lyon est fondamentalement une ville conservatrice et sécuritaire. Les municipales de 2008, prochain enjeu électoral majeur, ne seront gagnées par la droite (majoritaire en nombre de voix, y compris au second tour des législatives) que si l'opinion publique est convaincue que la politique présente est profondément néfaste pour la ville.
Or, force est de constater que ce n'est pas le cas: habile politicien, le maire actuel a su s'attirer des sympathies dans les milieux influents, a su mener une politique de main-mise sur les média (qui n'a rien à envier aux critiques portées par le PS et par le feu Modem à Nicolas Sarkozy !) et dégage une image consensuelle, molle comme une quenelle, loin d'une politique de conviction.
L'opinion lyonnaise, endormie, se pose le problème ainsi: pourquoi risquer de perdre un maire sans aspérité et élire en lieu et place un candidat de droite qui a encore du mal à consolider son ancrage lyonnais ?
Clairement, en l'état actuel des choses, il faut réagir !
Or l'alternance politique dans un scrutin local n'est pas similaire à celle d'une élection nationale: l'équipe l'emporte sur l'idéologie, les détails de la vie courante effacent les tendances structurelles. Qui sait vraiment à qui l'on doit quoi ? Les grands travaux sont-ils de le fait de l'une ou l'autre majorité ? Quelle est la part du municipal, du regional et de l'état dans les projets achevés ? Est-ce celui qui coupe le ruban qui est à l'origine du projet ?
Tactiquement, la droite a deux handicaps à Lyon:
- les média sont acquis au pouvoir en place. Conservatisme et intérêts particuliers, sans doute.
- la campagne de LNH est, jusqu'à présent, fondée sur un projet positif et constructif pour Lyon.
L'oryctérope pense que, politiquement, c'est faire fausse route. Expérience d'oryctérope, il faut adopter une tactique de critique et de mise en exergue des insuffisances et erreurs de la gestion actuelle. Il faut convaincre les lyonnais que la gestion actuelle n'est pas en phase avec leurs attentes, et qu'ils sont dupés par l'opacité du système.
Bâtir un projet politique autour d'un schéma positif est souhaitable dans le cadre d'une enjeu électoral national ou quand on consolide une position forte et installée, ce qui n'est manifestement pas le cas pour Dominique Perben. Il lui faut donc, et rapidement, révéler aux lyonnais les travers de l'actuelle gestion.
Le concept de "contre-gouvernement" ou, en l'occurrence, de force de contestation à Lyon doit prévaloir. C'est dans la différenciation et non dans la formulation de propositions qui seront, sous une forme ou une autre, appropriées par la municipalité en place, qu'il faut se créer une dynamique et une authenticité. Et montrer que le conservatisme est à gauche.
En est-il encore temps ?
13:45 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Lyon, shadow government, UMP, Perben, LNH, PS


