22.06.2007
Merci à Madame Ségolène Royal !
Commentaires à froid sur les élections du 6 mai
Mme Ségolène Royal ne m'a jamais parue très sympathique, et je concède volontiers avoir une position biaisée, a priori, sur cette personnalité politique.
Toutefois, j'avoue être stupéfait par sa récente déclaration sur le non-sens des positions qu'elle a défendues pendant sa campagne:
" Ségolène Royal a aussi critiqué deux mesures du programme socialiste, « le smic à 1 500 euros brut », proposé par Laurent Fabius, et « la généralisation des 35 heures ». Deux idées « pas crédibles » qu'elle n'a défendues pendant sa campagne que « par cohérence avec le PS »." [in "Le Figaro" - 21 juin 2007]
Voilà donc la candidate d'un parti socialiste qui :
- n'a pas clairement renoncé à une alliance avec l'extrême-gauche et le Parti Communiste (près de 50 ans après la mort de Staline !),
- parvient à faire croire qu'une élection perdue avec l'UMP majoritairement absolue à la chambre doit passer pour une victoire du PS ! La capacité de désinformation du PS est telle que les média se gardent bien de rappeler que le résultat UMP de 2002 est dû en grande partie au "désistement républicain" des candidats de gauche afin d'éviter des triangulaires favorables au FN, et qu'il était logique que dans un contexte apaisé, l'UMP subisse un retrait du nombre de ses sièges à la chambre,
- est capable, six semaines après une élection, de faire dire à sa candidate préférée que les promesses prononcées n'étaient faites que pour ceux qui ont voté pour elle et en aucun cas destinées à être tenues ! Madame Royal ne nous présente plus une rupture, mais un divorce ! Je suis impatient d'entendre les réactions de François Hollande, de Laurent Fabius et de ses sbires. Si c'est la forme adoptée par Ségolène Royal pour se démarquer "de l'aile gauche" de son parti, n'eût-il pas été plus clair de l'afficher plus tôt ?
Nous savons bien que la mue politique du PS vers un véritable parti social démocrate n'est pas pour demain. Verrouillé par ses éléphants, tributaire de sa base (corporatismes syndicaux et professionnels), attaqué sur sa droite par l'ouverture du gouvernement Fillon II qui lui dérobe les ressources humaines qui pourraient mener à bien l'ouverture, le PS vit une traversée du désert.
Il est clair que si au PS, le candidat qui aurait pu être amené à diriger la République n'a d'autre choix que de suivre les pointillés d'un parti, on comprend mieux l'excommunication prononcée sur les socialistes qui ont rejoint le gouvernement récemment nommé ! Ce n'est pas une VIe République que nous promettait donc Mme Royal, mais le retour à la IVe et au régime des partis !
Mais bien sûr, cela n'empêche personne de crier et de gesticuler contre "l'état UMP", "la nécessité d'un contre-poids politique" et "l'autoritarisme de Nicolas Sarkozy et de la droite ultra-libérale"...
En une seule phrase prononcée par vous, Madame Royal, vous m'avez confirmé dans le choix que j'ai fait les 10 et 17 juin derniers de voter pour le candidat UMP à la députation de ma circonscription, et je vous en remercie.
19:05 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ségolène Royal, présidentielles, parti socialiste


